Zoom sur le magnésum & la sexo
Magnésium et sexualité : le minéral indispensable que l'on oublie trop souvent
Le magnésium est probablement le micronutriment dont je parle le plus en consultation. Et ce n'est pas un hasard.
Lorsque les femmes viennent me consulter pour une baisse de désir, un vaginisme, des douleurs pendant les rapports ou simplement une fatigue chronique, le magnésium fait presque toujours partie des premiers éléments que j'évalue.
Pourquoi ? Parce qu'il agit sur le stress, l'énergie, les muscles, les hormones… autant de mécanismes qui influencent directement la santé intime féminine.
Le magnésium : le grand modulateur du stress
Le magnésium est considéré comme l'un des principaux minéraux impliqués dans la régulation de la réponse au stress.
Le problème, c'est que le stress épuise nos réserves.
Lorsqu'une personne est stressée, l'organisme augmente l'élimination du magnésium dans les urines. Plus le stress dure, plus les réserves diminuent… et moins le corps est capable de faire face au stress.
C'est un véritable cercle vicieux :
Stress → perte de magnésium → moins bonne adaptation au stress → encore plus de stress.
C'est pour cette raison qu'en naturopathie, le magnésium est souvent l'un des premiers micronutriments à soutenir.
Un acteur essentiel de la production d'énergie
Le magnésium intervient dans toutes les étapes de fabrication de l'ATP, la principale source d'énergie de nos cellules.
Un déficit peut ainsi participer à :
- une fatigue persistante ;
- une baisse de vitalité ;
- une récupération plus difficile ;
- une sensation d'épuisement physique et mental.
Le minéral du relâchement musculaire
Le magnésium permet non seulement la contraction des muscles, mais aussi leur relâchement.
Lorsqu'il vient à manquer, les muscles restent plus facilement en tension.
Cela peut se traduire par :
- des contractures ;
- des crampes ;
- des tensions musculaires ;
- des myoclonies (petites secousses musculaires) ;
- une paupière qui saute de façon répétée.
Le phénomène concerne également les muscles lisses, présents notamment au niveau :
- de l'intestin ;
- de l'estomac ;
- de l'utérus.
Un déficit peut ainsi favoriser des contractions involontaires ou accentuer certaines tensions digestives ou gynécologiques.
Magnésium, hormones & syndrome prémenstruel
Le magnésium participe également à de nombreuses réactions enzymatiques impliquées dans le métabolisme des hormones.
Des réserves insuffisantes peuvent contribuer à perturber certains mécanismes d'élimination des œstrogènes. Chez certaines femmes, cela peut participer à un contexte d'hyperœstrogénie fonctionnelle, susceptible d'accentuer certains symptômes du syndrome prémenstruel (SPM).
Bien entendu, le SPM est multifactoriel et le magnésium n'en est pas l'unique explication, mais il constitue souvent une petite pièce du puzzle qu’on oubli facilement.
Pourquoi est-il particulièrement intéressant en cas de vaginisme ?
Dans mon approche, le magnésium occupe une place importante dans l'accompagnement du vaginisme.
Pour rappel, le vaginisme est une contraction involontaire des muscles du plancher pelvien, et plus particulièrement des muscles qui entourent l'entrée du vagin. Cette contraction est un réflexe de protection : elle n'est ni volontaire, ni « dans la tête ». Lorsque ces muscles se contractent de manière excessive, la pénétration peut devenir difficile, voire impossible, et s'accompagner de douleurs ou d'une sensation de blocage.
Pourquoi ce minéral ?
Parce que cette problématique s'accompagne souvent d'un terrain de stress important associé à une hypertonie musculaire.
Le magnésium ne traite évidemment pas le vaginisme à lui seul. En revanche, il peut soutenir le relâchement musculaire et aider à diminuer le terrain de tension lorsqu'il est intégré dans une prise en charge globale associant sexothérapie, hygiène de vie et travail corporel.
Comment reconnaître un déficit ?
Aujourd'hui, on estime qu'une grande partie de la population n'atteint pas les apports recommandés en magnésium.
En consultation, je m'appuie avant tout sur les signes cliniques.
Les plus fréquents sont :
- fatigue persistante ;
- grande sensibilité au stress ;
- réveils nocturnes ;
- tensions musculaires ;
- contractures ;
- crampes ;
- paupière qui saute ;
- sensation d'être constamment « à fleur de peau ».
Le dosage sanguin du magnésium est parfois réalisé dans certaines situations médicales, mais il reflète imparfaitement les réserves de l'organisme. C'est pourquoi l'évaluation clinique garde une place essentielle pour moi.
Comment augmenter ses apports ?
La première étape consiste à enrichir son alimentation.
Les aliments les plus intéressants sont :
- les amandes ;
- les noix, notamment les noix du Brésil ;
- les légumes verts à feuilles ;
- les légumineuses (lentilles, pois chiches, pois cassés…) ;
- les petits poissons gras ;
- le chocolat noir à plus de 70 % de cacao.
Lorsque cela est nécessaire, une supplémentation peut être envisagée.
En pratique, on recommande souvent, en période de stress, un apport d'environ 6 mg de magnésium par kilogramme de poids corporel et par jour, à adapter à chaque situation et aux éventuelles contre-indications médicales.
Toutes les formes de magnésium ne se valent pas.
Les plus intéressantes sont généralement :
- le bisglycinate ;
- le malate ;
- le glycérophosphate.
Le citrate peut également être utilisé, mais il est parfois moins bien toléré sur le plan digestif chez certaines personnes surtout si votre stress se matérialise au niveau du ventre comme expliqué dans mon précédent article sur le « stress & sexualité ».
La prise est souvent mieux supportée lorsqu'elle est fractionnée au cours de la journée.
Ce qu'il faut retenir
Le magnésium est bien plus qu'un simple complément alimentaire.
Si votre organisme était une entreprise, imaginez le magnésium un peu comme le salarié indispensable qui court partout. Un peu comme Roger du service maintenance du 3ème étage qu'on sollicite tout le temps mais qu'on oubli t'inviter en fin d'année au repas de noel de l'entreprise. Il aide à produire de l'énergie, participe au relâchement musculaire, soutient le système nerveux… et pourtant, c'est souvent lui qu'on oublie de remercier
C'est pourquoi il fait très souvent partie de mes accompagnements, notamment chez les femmes souffrant d'une baisse de désir, de douleurs sexuelles ou de vaginisme.
Bien sûr, aucune gélule ne remplacera une prise en charge globale. La sexualité est influencée par de nombreux facteurs : le stress, les hormones, le sommeil, les émotions, le couple, le corps…
C'est justement cette vision d'ensemble qui guide mon accompagnement. Ensemble, nous cherchons à comprendre l'origine de vos difficultés pour mettre en place des solutions personnalisées, durables et adaptées à votre histoire.
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