Affections intimes féminines & sexo : sécheresse, cystites, mycoses, vaginoses… comment retrouver confort et plaisir ?

Ça brûle, ça gratte, ça tire, ça pique pendant les rapports… et parfois, on ne sait même plus très bien si c’est une mycose, une cystite ou simplement une sécheresse.

 

Alors on ressort l’ovule qui traîne dans l’armoire à pharmacie, on change de gel intime ou on demande à une copine ce qu’elle avait pris « la dernière fois ».


Pourtant, tous les inconforts intimes ne racontent pas la même chose.

 

Une cystite touche les voies urinaires.

Une mycose est généralement liée à une prolifération de Candida.

Une vaginose correspond à un déséquilibre du microbiote vaginal.

Quant à la sécheresse vulvovaginale, elle peut notamment apparaître lors de changements hormonaux et n’est pas une infection.

 

Et si, avant de vouloir tout traiter, on commençait par comprendre

ce qui se passe ?

Notre intimité possède son propre équilibre

Le saviez-vous ?

Notre vagin aime l’acidité… presque autant qu’un bon verre de vin !
Son pH se situe généralement autour de 3,8 à 4,5 pendant la vie génitale. Cette acidité participe à son équilibre et constitue l’un de ses mécanismes naturels de protection. Alors non, votre vagin n’est pas un grand cru, mais il possède lui aussi un écosystème délicat qu’il vaut mieux éviter de décaper.

Il possède son propre microbiote, dans lequel les lactobacilles jouent généralement un rôle important en participant notamment au maintien d’un environnement acide.

 

Et contrairement à ce que des années de marketing autour de « l’hygiène féminine » ont pu nous laisser croire, le vagin n’a pas besoin d’être nettoyé à l’intérieur.

 

La toilette concerne essentiellement la vulve et doit rester douce.

Les douches vaginales et produits parfumés type gummies gout ananas ne sont que marketing et bullshit car ils peuvent irriter la zone intime ou perturber son équilibre.

L’astuce naturo d’Ely 

Avant de chercher ce qu’il faudrait ajouter à votre routine intime, regardez ce que vous pourriez enlever : produits parfumés, lingettes, déodorants intimes, douches vaginales, toilettes excessives…
 

Parfois, prendre soin signifie simplement arrêter de vouloir trop bien faire.
 

Votre vulve n’est pas votre cuisine : inutile de la récurer trois fois par jour.
 

Et lorsque les troubles récidivent, j’aime aussi regarder le terrain dans son ensemble : transit, hydratation, sommeil, alimentation, stress, traitements en cours, période du cycle ou de la vie hormonale…
 

Pas pour remplacer le diagnostic ou le traitement médical d’une infection, mais parce que notre intimité ne vit pas indépendamment du reste de notre corps.

1. Sécheresse intime : quand ça tire, brûle… et que les rapports deviennent moins confortables

La sécheresse intime n’est pas réservée à la ménopause.


Mais autour de la péri-ménopause et de la ménopause, les modifications hormonales peuvent entraîner une sécheresse de la vulve et du vagin, des irritations, des brûlures et parfois des douleurs pendant les rapports.


Ces manifestations peuvent appartenir au syndrome génito-urinaire de la ménopause, qui peut également s’accompagner d’envies fréquentes d’uriner, de fuites ou de cystites récidivantes.


Et surtout : ce n’est pas quelque chose qu’il faudrait accepter comme le prix à payer parce que l’on avance en âge.

Quelques pistes pour retrouver du confort

Commencez par supprimer les produits susceptibles d’irriter la vulve.
 

Un hydratant vaginal peut être utilisé pour améliorer le confort au quotidien et un lubrifiant lors des rapports sexuels.
 

Après la ménopause, lorsque la sécheresse et l’atrophie des muqueuses sont en cause, des oestrogènes locaux peuvent également être proposés par un professionnel de santé selon la situation.
 

Côté hygiène de vie, je regarderais aussi ce qui accompagne cette période : sommeil, niveau de stress, alimentation, activité physique, hydratation, transit… non pas comme
« traitement de la sécheresse », mais dans une approche globale de la santé de la femme.

L'hydratation commence par l'assiette.

La minute Sexo d’Ely 

Une chose essentielle : lubrification ≠ désir.
 

Vous pouvez avoir envie de votre partenaire et ne pas suffisamment lubrifier. Et une réponse génitale ne signifie pas automatiquement que vous avez envie d’un rapport.
 

Alors ne transformons pas la lubrification en nouveau test de performance sexuelle.
 

Et si la pénétration fait mal : on ne force pas.
 

Plus de temps, davantage de caresses, du lubrifiant et, si nécessaire, une sexualité sans pénétration pendant quelque temps. Parce que faire l’amour ne se résume pas à faire entrer quelque chose dans un vagin.

2. Cystite : quand même faire pipi devient une aventure

Brûlures en urinant, envies fréquentes ou urgentes d’aller aux toilettes, impression que la vessie n’est jamais vraiment tranquille…
 

La cystite est une infection urinaire, le plus souvent bactérienne.
 

Et chez certaines femmes, les rapports sexuels peuvent favoriser les récidives.

Les gestes simples qui ont réellement leur importance

Boire suffisamment, ne pas retenir ses urines, vider correctement sa vessie et lutter contre la constipation font partie des mesures recommandées pour prévenir les récidives.
 

Lorsque les cystites surviennent après les rapports, uriner après ceux-ci et éviter les spermicides sont également recommandés.
 

Et oui, le transit revient encore.
 

C’est précisément ce que j’aime dans une approche globale : une problématique que l’on pense uniquement urinaire peut aussi nous amener à regarder nos habitudes aux toilettes et notre constipation.
 

Pour les cystites récidivantes à E. coli, la canneberge peut être proposée dans certaines situations en prévention ; ce n’est cependant ni un traitement d’une cystite en cours ni une solution universelle.

La minute sexo d’Ely 

Si vos cystites semblent régulièrement suivre les rapports, observez aussi comment se passent ces rapports.
 

Y a-t-il suffisamment de lubrification ? Beaucoup de frottements ? Certains produits utilisés ? Des spermicides ? Certaines pratiques semblent-elles précéder plus souvent les épisodes ?
 

Mais surtout, ne laissons pas l’après-sexe devenir :

pipi → douche → complément → inspection → angoisse du lendemain.
 

À force de penser « j’espère que je n’aurai pas encore une cystite demain », le cerveau peut commencer à associer l’intimité à une conséquence désagréable.
 

Et forcément, cela peut finir par peser sur l’envie.

3. Mycose : toutes les démangeaisons ne sont pas des candidoses

Démangeaisons importantes, rougeurs, brûlures et pertes blanches épaisses peuvent évoquer une candidose vulvovaginale.
 

Mais voici le piège : ça gratte ≠ automatiquement mycose.


Une irritation, une dermatose ou une autre vaginite peuvent produire des symptômes différents ou parfois proches.


Il est recommandé de consulter lorsqu’il s’agit d’un premier épisode, lorsque les symptômes ne correspondent pas à une mycose déjà connue, lorsqu’ils persistent après automédication ou lorsque les récidives deviennent fréquentes.
 

Autrement dit : le fameux ovule qui reste dans l’armoire à pharmacie n’est pas forcément la réponse à toutes les démangeaisons.

L’astuce Naturo d’Ely 

Lorsque les candidoses sont réellement confirmées et récidivantes, on peut s’intéresser aux facteurs favorisants et au contexte général : traitements antibiotiques récents, diabète lorsqu’il existe, irritants locaux, habitudes d’hygiène…
 

Mais je serais prudente avec les grandes promesses que l’on voit circuler autour du Candida.
 

Non, une femme n’a pas nécessairement besoin de supprimer tous les glucides ou de suivre un protocole interminable de compléments parce qu’elle a fait deux mycoses.
 

Et surtout : pas d’huiles essentielles introduites dans le vagin.

La minute Sexo d’Ely 

Si une pratique brûle ou irrite : on l’arrête.


Cela ne signifie pas nécessairement arrêter toute intimité si vous en avez envie.

Massage, peau à peau, baisers, caresses ailleurs sur le corps, sensualité…


Le plaisir possède un territoire beaucoup plus vaste que nos organes génitaux.

Niveau confort la culotte petit bateau 100% coton sera votre meilleure amie, la dentelle, les bas, le body, le fouet, les talons de 10cm devront peut être faire une pause.

4. Vaginose : quand l’écosystème vaginal perd son équilibre

La vaginose bactérienne n’est pas une mycose.


Elle correspond à une modification du microbiote vaginal avec un déséquilibre entre les différentes bactéries présentes.


Elle peut notamment se manifester par des pertes plus fluides et une odeur inhabituelle.


Et là encore, on ne choisit pas son traitement uniquement en regardant ses pertes sur Internet.


Les vaginites peuvent être infectieuses ou non infectieuses ; irritation, allergie de contact et certaines dermatoses peuvent également être responsables de symptômes vulvovaginaux.

L’astuce Naturo d’Ely 

Ici, mon premier réflexe serait paradoxalement de faire moins.


Pas de douche vaginale.

Pas de désinfectant quotidien.

Pas de parfum intime.

Pas besoin d’essayer cinq produits différents pour « restaurer la flore » sans même savoir ce qui l’a déséquilibrée.

Le microbiote vaginal et intestinal sont liés, donc le bouche sera ici une première piste d'exploitation. L'assiette sera la priorité.


En cas de récidives, on fait d’abord identifier correctement le problème.

La minute Sexo d’Ely 

Il existe également un aspect dont on parle peu : l’impact des odeurs ou des pertes sur la confiance sexuelle.
 

Certaines femmes commencent à éviter le cunnilingus, refusent d’être touchées ou restent concentrées pendant tout le rapport sur une seule question :

« Est-ce qu’il sent quelque chose ? »

Même une fois le problème médical traité, cette gêne peut rester.
 

La santé sexuelle, c’est donc aussi retrouver progressivement confiance dans cette partie de son corps, sans exiger d’elle qu’elle soit inodore, invisible et parfaitement contrôlée.

Et le périnée dans tout ça ?

Il ne faudrait surtout pas l’oublier.


Quand une femme a eu mal plusieurs fois pendant les rapports, elle peut commencer à anticiper la douleur.


Et lorsque le corps se prépare à quelque chose qu’il perçoit comme inconfortable, le plancher pelvien peut lui aussi avoir du mal à se relâcher.


C’est important parce qu’un périnée en bonne santé n’est pas seulement un périnée « fort ».

Il doit être capable de se contracter ET de se relâcher.


C’est ici que respiration, conscience corporelle, mobilité du bassin et mouvement peuvent avoir leur place en complément d’une prise en charge adaptée.


Pas pour soigner une cystite ou une vaginose avec du Pilates — évidemment — mais pour permettre à une femme de retrouver des sensations et de la mobilité dans une région qu’elle a parfois appris à contracter, protéger ou éviter.

Quand les affections intimes commencent à toucher le désir

Imaginez que votre corps vive plusieurs fois :
 

rapport → douleur ou irritation → inconfort pendant plusieurs jours.


Au rapport suivant, une petite pensée apparaît :

« J’espère que ça ne va pas recommencer… »

Alors on surveille.

On analyse la moindre sensation.

On se crispe.

On peut avoir plus de difficultés à se laisser aller.

Et parfois, progressivement, on évite.

Jusqu’à conclure :

« Je n’ai plus de libido. »

Mais le désir n’est peut-être pas le seul problème.


Le corps a parfois simplement appris que l’intimité pouvait être suivie de douleur ou d’inconfort.


À la ménopause, ce lien mérite particulièrement d’être entendu : le syndrome génito-urinaire peut associer sécheresse, douleurs lors des rapports, symptômes urinaires et baisse du désir.


Et c’est précisément ici que santé intime et sexothérapie se rencontrent.

L’exercice d’Ely : 10 minutes sans objectif

Pendant dix minutes, retirez du scénario la pénétration et l’obligation d’orgasme.
 

Une seule question :

« Qu’est-ce qui serait agréable pour mon corps aujourd’hui ? »

Une main dans le dos ?

Des baisers ?

Un massage ?

Une caresse sur les cuisses ?

Être nue contre l’autre ?

Une stimulation sexuelle différente ?

Ou simplement… ne pas avoir envie d’être touchée aujourd’hui ?

Il n’y a rien à réussir.
 

Sortir du scénario obligatoire pénétration/orgasme pour questionner ce que serait réellement une sexualité satisfaisante pour soi.
 

L’objectif n’est pas de « réparer sa libido » en dix minutes.
 

C’est de recommencer à offrir au corps des expériences intimes où il peut ressentir sans avoir à se préparer à la douleur ou à performer.

Et ma touche naturo dans tout ça ?

Vous me connaissez : j’aime regarder le terrain.
 

Mais regarder le terrain ne signifie pas chercher un complément alimentaire pour chaque symptôme.
 

Lorsque les inconforts intimes se répètent, j’aime regarder plus largement :
 

Comment va votre transit ? Buvez-vous suffisamment ? Comment dormez-vous ? Comment mangez-vous ? Votre stress est-il important ? Avez-vous récemment pris des antibiotiques ? Où en êtes-vous dans votre cycle ou votre vie hormonale ? Votre contraception ou vos traitements ont-ils changé ? Vos rapports sont-ils confortables ? Votre périnée sait-il aussi se relâcher ?


Ici une approche complémentaire des troubles gynécologiques autour de la micronutrition, de la phytothérapie et de l'hygiène de vie sera mis en place, notamment avec le magnésium, la vitamine D et les omégas-3 dans le contexte de certaines douleurs gynécologiques.
 

Mais attention à ne pas tout mélanger : ces éléments ne constituent pas des traitements démontrés d'une cystite, d'une candidose ou d'une vaginose.
 

C'est une distinction à laquelle je tiens beaucoup : vous traitez l'affection lorsqu'elle nécessite un traitement, et je vous accompagne tout autour.
 

La naturo peut alors retrouver sa juste place : alimentation équilibrée, hydratation, transit, sommeil, activité physique, stress, compréhension de son environnement et de ses habitudes.
 

Sans promesse magique.

Sans guerre contre son propre corps.

Quand arrêter les astuces et consulter ?

Parce qu’un bon conseil naturo, c’est aussi savoir quand ne pas faire de naturo.
 

Un premier épisode de vaginite, des symptômes inhabituels, des pertes malodorantes ou colorées, des symptômes qui persistent après une automédication ou des récidives fréquentes nécessitent un avis médical. La grossesse demande également une vigilance particulière.
 

Pour une infection urinaire, fièvre, frissons ou douleurs dans le dos ou sur le côté nécessitent une consultation rapide.
 

Et des douleurs sexuelles persistantes méritent elles aussi d’être explorées plutôt que normalisées.

Prendre soin de son intimité, c’est aussi prendre soin de sa sexualité

Finalement, notre intimité n’est pas composée de petits tiroirs indépendants.

Il y aurait d’un côté le vagin.

De l’autre la vessie.

Puis le périnée.

Les hormones.

Le stress.

Et quelque part au fond d’un placard… notre libido.


Notre corps ne fonctionne pas comme ça.


Une sécheresse peut rendre un rapport douloureux.
Des cystites répétées peuvent créer de l’appréhension.
Une mycose peut momentanément rendre tout contact désagréable.
Une vaginose peut ébranler la confiance sexuelle.

La peur d’avoir mal peut faire contracter le corps et modifier notre disponibilité au plaisir.


Alors oui : on diagnostique et on traite ce qui doit l’être.
 

Mais on peut aussi prendre soin des muqueuses, respecter le microbiote, regarder son hygiène de vie, écouter son périnée et surtout se demander :

« Qu’est-ce que tout cela a changé dans ma relation à mon corps, à mon désir et à ma sexualité ? ».
 

Parce que prendre soin de sa santé intime ne consiste pas seulement à ne plus avoir de symptômes. 
 

C’est aussi permettre au corps de redevenir un endroit confortable à habiter… et dans lequel le plaisir peut retrouver sa place.


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